Pour s’endormir, il faut avoir un peu plus froid. On associe pourtant le coucher à la chaleur du lit, à la couette qu’on remonte.
Au moment de l’endormissement, la température interne du corps baisse de quelques dixièmes de degré. Pour y arriver, il faut évacuer de la chaleur, et cela se fait par la peau — surtout par les mains et les pieds, où le sang afflue à ce moment-là.
Quand la pièce reste chaude, l’écart entre le corps et l’air devient trop faible. Il n’y a plus où évacuer.
Sept millions de nuits, mesurées au poignet
Une équipe emmenée par Kelton Minor a croisé les températures locales avec sept millions de nuits de sommeil, enregistrées au poignet par près de 48 000 personnes dans 68 pays. Leur constat, publié en 2022 dans la revue One Earth : les nuits où il fait plus de 30 °C, le sommeil se raccourcit d’une quinzaine de minutes en moyenne. Non pas parce qu’on se réveille davantage au milieu de la nuit, mais parce qu’on s’endort plus tard et qu’on se réveille un peu plus tôt.
Quinze minutes, ce n’est pas une nuit blanche. Sur dix nuits de canicule, cela fait deux heures et demie de sommeil en moins — et le déficit, lui, s’additionne.
L’effet est plus marqué chez les personnes âgées et chez les femmes. Si vous avez passé soixante ans, c’est donc vous que ces nuits raccourcissent le plus.
Deux précautions, tout de même. Les bracelets mesurent le sommeil de façon approximative, et les personnes équipées ne représentent pas toute la population. Cela reste un lien statistique à grande échelle, pas une règle valable pour votre nuit de mardi.
Le deuxième problème : l’alerte qui s’allume
La chaleur retarde l’endormissement. Ensuite, on regarde l’heure, on calcule ce qui reste avant le réveil, on anticipe la journée de demain. Et le corps passe en alerte.
La chaleur déclenche la mauvaise nuit ; l’inquiétude la prolonge. On ne peut pas grand-chose contre la température de la nuit. On peut davantage contre ce qui s’y ajoute.
Ce qui aide, sans rien de compliqué
- Fermer les volets pendant la journée, aérer dès que l’air extérieur est plus frais que celui de la chambre.
- Choisir des draps légers, et laisser sortir les mains et les pieds : c’est par là que la chaleur s’évacue.
- Éviter de regarder l’heure. Retourner le réveil ou le téléphone coûte peu et enlève un déclencheur d’alerte.
- Donner à l’attention une tâche très simple, plutôt que de lutter pour dormir : décrire en pensée une promenade que vous connaissez par cœur, rue après rue.
Rien de médical là-dedans : ce sont les conséquences directes de ce qui précède. J’ai détaillé ailleurs pourquoi vouloir dormir empêche de dormir.
La place de l’hypnose
L’hypnose ne rafraîchit pas la chambre. Elle peut en revanche aider à faire baisser le niveau d’alerte du soir, celui qui prolonge la mauvaise nuit.
Sur les vingt-quatre études rassemblées en 2018 dans le Journal of Clinical Sleep Medicine, un peu plus de la moitié trouvent un bénéfice sur le sommeil ; les autres un résultat mitigé, ou rien du tout. Attention au piège de lecture : c’est une proportion d’études, pas un taux de réussite. Les auteurs parlent d’une piste prometteuse, sur des échantillons petits et de qualité méthodologique inégale.
Ce qu’il faut en retenir
Votre corps ne cherche pas à dormir : il cherche à se refroidir, et le sommeil suit. Tout ce qui l’aide à perdre de la chaleur travaille pour vous. Tout ce qui réveille l’alerte — l’heure consultée, le calcul des heures qui restent — travaille contre.
Si les mauvaises nuits reviennent plusieurs fois par semaine depuis plusieurs semaines, ou si la fatigue pèse sur vos journées, parlez-en d’abord à votre médecin.
Si ces nuits font écho pour vous, je vous propose un échange téléphonique de 20 minutes, gratuit et sans engagement. Il permet de répondre à vos questions et de voir si l’hypnose peut convenir à votre situation.
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Sources
- Minor K., Bjerre-Nielsen A., Jonasdottir S. S., Lehmann S., Obradovich N., Rising temperatures erode human sleep globally, One Earth, vol. 5, 2022, p. 534-549.
- Chamine I., Atchley R., Oken B. S., Hypnosis intervention effects on sleep outcomes: a systematic review, Journal of Clinical Sleep Medicine, vol. 14, 2018, p. 271-283.
- Sur la baisse de température interne avant l’endormissement et les chiffres de l’étude de 2022 : National Geographic (article de vulgarisation).
Bruno Filiol de Raimond, hypnothérapeute diplômé de l’IFHE, cabinet Hypnoprax, Paris 16.


