Vous évitez l’ascenseur depuis des années. Vous refusez les invitations qui demandent de prendre l’avion. Vous changez de trottoir en voyant un chien. Et vous savez parfaitement que le danger n’est pas là — ce qui ne change rien.
On lit beaucoup de choses sur l’hypnose et les phobies, souvent accompagnées de pourcentages spectaculaires. Voici ce que dit la recherche, y compris quand elle est moins flatteuse qu’on le voudrait.
L’approche la mieux établie : la désensibilisation
Pour les phobies spécifiques, ce qui fonctionne le mieux consiste à s’approcher par degrés de ce qui fait peur, accompagné, jusqu’à ce que l’alerte redescende d’elle-même. On appelle cela la désensibilisation, ou l’exposition progressive.
Une méta-analyse portant sur trente-trois essais randomisés (Wolitzky-Taylor et ses collègues, Clinical Psychology Review, 2008) montre que ces approches font mieux que le placebo et mieux que les autres psychothérapies actives.
Et l’hypnose, dans tout cela ?
Contrairement à une idée répandue, l’hypnose ne s’oppose pas à la désensibilisation : elle en est l’un des véhicules, et c’est même l’un de ses protocoles les plus utilisés.
L’histoire le dit mieux que moi. Quand Joseph Wolpe met au point la désensibilisation systématique, la technique porte d’abord le nom de hypnotic desensitisation, et elle dérive du Medical Hypnosis de Lewis Wolberg, paru en 1948. Wolpe lui-même privilégiera ensuite la relaxation musculaire de Jacobson, et le débat entre les deux écoles n’a jamais été complètement tranché. Mais la filiation est documentée : ces outils viennent de la même famille.
En pratique, l’exposition par l’imagination se conduit très naturellement en hypnose. On approche la situation redoutée par paliers, dans un état où le corps reste calme, et on s’arrête avant que l’alerte ne prenne le dessus.
Ce que montrent les études sur l’association des deux
C’est là que les données sont les plus nettes, et elles vont dans le même sens depuis trente ans.
Kirsch, Montgomery et Sapirstein (Journal of Consulting and Clinical Psychology, 1995) ont comparé des traitements cognitivo-comportementaux avec et sans hypnose : ceux auxquels on ajoutait l’hypnose obtenaient une taille d’effet près de deux fois supérieure. Vingt-cinq ans plus tard, Ramondo, Gignac, Pestell et Byrne ont repris le travail avec des études plus récentes et retrouvé le même résultat, en ajoutant que l’hypnose semble prolonger les effets dans le temps.
La méta-analyse la plus solide sur l’hypnose et l’anxiété (Valentine, Milling, Clark et Moriarty, International Journal of Clinical and Experimental Hypnosis, 2019) va dans le même sens : taille d’effet de 0,79 en fin de traitement — la personne moyenne accompagnée par hypnose voit son anxiété diminuer davantage qu’environ 79 % des personnes des groupes témoins — et de meilleurs résultats lorsque l’hypnose est associée à d’autres approches plutôt qu’employée seule.
Une réserve, tout de même : cette dernière méta-analyse porte sur l’anxiété en général, et non sur les phobies spécifiques. On ne peut pas transposer son chiffre tel quel.
Ce qu’on sait des phobies en particulier
Moins de choses, et il faut l’admettre. Dans leur revue des études cliniques sur l’hypnose dans les troubles anxieux et phobiques, Audrey Vanhaudenhuyse et le Pr Marie-Elisabeth Faymonville (CHU de Liège) constatent que l’essentiel des publications repose sur des cas isolés, et appellent à des travaux plus robustes.
Les données les plus consistantes concernent la peur de l’avion. Sur une cohorte de 174 patients, on constate une amélioration notable chez environ la moitié après une seule séance. Une autre étude, portant sur 158 personnes ayant reçu une séance de 45 minutes puis appris l’auto-hypnose, rapporte une maîtrise complète de l’anxiété chez environ trois personnes sur dix, partielle chez près de trois autres — et aucune amélioration pour un peu plus de quatre sur dix.
Ce dernier chiffre est le plus honnête de cet article. Il dit qu’une proportion importante de personnes ne tire rien de cette approche. Vous avez le droit de le savoir avant de prendre rendez-vous.
Faut-il connaître l’origine de sa phobie ?
C’est la question qui revient le plus souvent, et la réponse surprend : non, ce n’est pas indispensable.
Beaucoup de personnes n’ont aucun souvenir d’un événement déclencheur, et cela ne les empêche pas de progresser. On observe souvent l’inverse : chercher la cause à tout prix devient une activité en soi, qui occupe sans faire avancer. Le travail porte sur la réaction d’aujourd’hui, pas sur l’archéologie d’hier.
Ce que je peux dire de ma pratique
Je travaille sur ce que vous ressentez au moment où la peur monte, et sur ce que vous pouvez apprendre à faire à ce moment-là. L’auto-hypnose, que je transmets en séance, sert précisément à cela : disposer d’un geste à soi, utilisable sans moi.
Je ne promets pas de résultat, et personne ne le devrait. Selon les personnes, on constate des évolutions rapides, des progrès partiels, ou rien du tout. C’est aussi pour cela que le premier échange est gratuit : il sert à voir si cela vaut la peine d’essayer.
Enfin, si votre peur s’accompagne d’attaques de panique, d’un évitement qui réduit votre vie, ou d’une détresse marquée, parlez-en d’abord à votre médecin. Une phobie invalidante relève d’un avis médical, et l’hypnose ne s’y substitue pas.
Si ces lignes font écho pour vous, je vous propose un échange téléphonique de 20 minutes, gratuit et sans engagement. Il permet de répondre à vos questions et de voir si l’hypnose peut convenir à votre situation.
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Séances au cabinet, Paris 16e, et à distance.
Sources
- Wolitzky-Taylor K. B., Horowitz J. D., Powers M. B., Telch M. J., Psychological approaches in the treatment of specific phobias: a meta-analysis, Clinical Psychology Review, vol. 28, 2008, p. 1021-1037.
- Kirsch I., Montgomery G., Sapirstein G., Hypnosis as an adjunct to cognitive-behavioral psychotherapy: a meta-analysis, Journal of Consulting and Clinical Psychology, vol. 63, n° 2, 1995, p. 214-220.
- Ramondo N., Gignac G., Pestell C., Byrne S., Clinical Hypnosis as an Adjunct to Cognitive Behavior Therapy: An Updated Meta-Analysis.
- Valentine K. E., Milling L. S., Clark L. J., Moriarty C. L., The Efficacy of Hypnosis as a Treatment for Anxiety: A Meta-Analysis, International Journal of Clinical and Experimental Hypnosis, vol. 67, n° 3, 2019, p. 336-363.
- Vanhaudenhuyse A., Faymonville M.-E., L’hypnose, un outil de gestion des phobies : que nous apprend la recherche ? (revue des études cliniques, CHU de Liège).
Bruno Filiol de Raimond, hypnothérapeute diplômé de l’IFHE, cabinet Hypnoprax, Paris 16.


